En Rromanes, les mots et la réalité sont rarement loin
l’un de l’autre. Quand on parle de quelque chose de mauvais, d’une maladie par
exemple, on se doit de s’excuser immédiatement et de dire dur amendar - que ceci soit loin de nous.
Cette croyance que ce que l’on dit peut porter malheur et que l’on doit se protéger des mots est présente chez tous les Rroma et est encore profondément ancrée.
Cette croyance s’étend à tous les aspects de la conversation, par exemple lorsqu’on parle que quelque chose de potentiellement impur, on s’excuse ou même lorsque le sujet peut potentiellement être considéré comme tel, par exemple en disant « j’étais pieds nus, excusez moi ».
Cette croyance ne veut pas dire qu’il n’y a ni jurons ni
malédictions en Rromanes, mais plutôt que ceux-ci ont un poids beaucoup plus
grand dans cette langue. Les serments et malédictions sont souvent utilisés
dans le contexte de la Kris, ou le coupable jure sous serment et sous peine de
terrible malédictions que son témoignage est vrai.